RTP INNOVAEE : Innovation et Valorisation en Sciences de l’Ecologie et de l’Environnement

Au cours des prospectives CNRS INEE de 2017, il a été rappelé que la recherche dans le domaine de l’écologie et de l’environnement permet d’innover et d’apporter des solutions technologiques ou sociétales pour la gestion durable des écosystèmes et des services associés. Par exemple, les molécules de signalisation issues des interactions biogéochimiques utilisables pour leurs effets antimicrobiens, la biomasse non alimentaire transformée par bio-raffinerie ou bien les déchets d’activités humaines valorisés pour la chimie verte, sont cités comme des sujets de recherche porteurs d’innovations technologiques à fort potentiel de valorisation. Dans un autre registre, la valorisation en sciences de l’environnement, concerne la conception de démarches respectueuses de l’environnement pour la production de ressources alimentaires, les protocoles innovants pour la détection de polluants ou la mesure de leurs impacts, l’expertise ou l’aide à la sensibilisation des sociétés et à la gouvernance de l’environnement.

http://innovaee.cnrs.fr/

Si les retombées pour l’environnement de ce type de recherche sont évidentes, les retombées économiques et sociétales potentielles peuvent être importantes si elles sont explorées et identifiées. Ainsi de plus en plus d’entreprises construisent leurs démarches d’innovation en s’inspirant des connaissances produites par la recherche fondamentale, comme par exemple, la centaine d’entreprises en France s’appropriant la démarche du biomimétisme1. Toutefois, les prospectives 2017 de l’INEE ont mis en évidence la sous-exploitation des potentialités de valorisation de la recherche en sciences de l’environnement. Par exemple, sur une centaine de LabComs financés, moins d’une vingtaine concernent des domaines de partenariats dans les champs thématiques du CNRS-INEE. Ces champs thématiques concernent notamment la lutte contre les parasites, la valorisation de microorganismes, de co-produits le développement de procédés industriels innovants, de bio-fertilisants, bio-protectants et bio-stimulateurs, de dérivés d’interactions biotiques et de produits phytochimiques. Dans ces champs thématiques, la valorisation socio-économique menée par les chercheurs de l’INEE prend différentes formes telles que les transferts de technologies, la diffusion vers le grand public (débats, films,…), les expertises culturelles, les prestations d’expertise et les transferts de connaissances (aide à la décision, conseils, formations, expertises..), les productions relevant de la propriété intellectuelle2.

S’il existe plusieurs structures permettant de faire le lien entre la recherche et sa valorisation économique, il apparait qu’elles ne sont connues et utilisées que par un nombre limité d’unités, d’équipes ou de chercheurs sensibilisés ou actifs vis-à-vis de la valorisation sociétale et économique. Un autre des constats issus des prospectives 2017 de l’INEE établit non seulement la difficulté à identifier des partenaires privés dans les domaines de l’écologie et de l’environnement, mais aussi, lorsque le partenariat existe, la difficulté pour le chercheur impliqué d’y maintenir son indépendance. Il a également été signalé, le manque d’incitation et de reconnaissance dans la carrière du chercheur à valoriser ses travaux.

Une des conclusions des prospectives CNRS INEE 2017, sur le volet de la valorisation dans le domaine des sciences de l’environnement, souligne que le CNRS-INEE doit avoir à cœur, dans le contexte socio-politique et économique actuel, d’organiser et d’encadrer, voire de renforcer et de favoriser les activités de valorisation des résultats de la recherche menée dans ses laboratoires.

Dans cette perspective, la création d’un réseau thématique pluridisciplinaire (RTP3) sur l’innovation dans le domaine de l’écologie et de l’environnement est proposée. Son objectif est d’établir un état des lieux et d’émettre des recommandations pour que les Sciences de l’Ecologie et de l’Environnement trouvent leur place dans un schéma de valorisation économique et sociétale les identifiant comme une ressource incontournable d’actions et de solutions innovantes.

Pour atteindre cet objectif général, il est proposé:

  1. d’identifier les laboratoires, les thématiques et les diverses actions de valorisation et d’innovation en cours ou potentielles, ainsi que les partenaires socio-économiques avérés ou envisageables. Cette identification sera réalisée dans le spectre large de la valorisation économique et sociétale
  2. de mettre en place des méthodes et outils pour promouvoir le développement de partenariats et de synergie entre acteurs, pour faciliter l’accès à l’expertise, et pour développer la visibilité des appuis de la science aux politiques publiques
  3. de proposer des moyens pour informer, sensibiliser, stimuler les chercheurs des Sciences de l’Ecologie et de l’Environnement à la valorisation et l’innovation, tout en incitant à une plus grande prise en compte de cette démarche dans le plan de carrière scientifique
  4. d’identifier les métiers du futur en Ecologie et Environnement, ainsi que les compétences nécessaires afférentes.
  • 1. CEEBIOS : http://ceebios.com
  • 2. D’après la typologie mise en place par le RTP Valorisation en sciences humaines et sociales (INSHS CNRS, 2010-2013)
  • 3. Un réseau thématique pluridisciplinaire (ou RTP) est une formule institutionnelle de regroupement de laboratoires, d’équipes de recherche ou de scientifiques, appartenant à des disciplines différentes, autour d’un thème particulier ou d’un objectif clairement défini. Il est essentiellement un outil d’assistance à la politique scientifique, chargé d’émettre des avis et des propositions.

Le Bureau

Un Bureau a été constitué en novembre 2018 avec le soutien de l’INEE :

  • Nadège BLOND: Chargée de Recherche CNRS (Modélisation de la physique et chimie l’atmosphère), UMR 7362 Laboratoire Image, Ville, Environnement, Strasbourg
  • Sophie BOUTIN: Ingénieur Université Montpellier (EcologieValorisation), LABEX CEMEB, Montpellier
  • Clémentine FRITSCH : Chargée de Recherche CNRS (Ecotoxicologie) UMR 6249 Laboratoire Chronoenvironnement, Besançon
  • Françoise GOURMELON : Directrice de Recherche CNRS (Géographie de l’Environnement) UMR 6554 LittoralEnvironnement-Télédétection-Géomatique, Nantes
  • Philippe LEBARON: Professeur Université Paris Sorbonne (Biotechnologie) USR 3579 Biodiversité et Biotechnologie Microbiennes, banyuls/Mer
  • Benjamin MARIE: Chargé de Recherche CNRS (Métabolomique) UMR 7245 Molécules de Communication et Adaptation des microorganismes, Paris
  • Télesphore SIMENGANDO: Directeur de Recherche CNRS (Génomique Environnementale) UMR 6023 Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement, Clermont-Ferrand

Et animé par Eric FOUILLAND, Chargé de Recherche CNRS (Ecologie-Aquaculture) UMR 9190 Marine Biodiversity, Exploitation & Conservation, Sète