Des microplastiques apportés par voie atmosphérique dans les Pyrénées

Résultats scientifiques Interaction Homme-Milieux

La plastique est un problème mondial de plus en plus important et l'un des principaux défis environnementaux de cette génération. Les microplastiques ont atteint les océans par le transport fluvial à l'échelle mondiale, mais on manque, pour les surfaces continentales, d’informations sur le dépôt et le transport atmosphérique de ces microplastiques. Une équipe internationale de chercheurs du CNRS, à laquelle ont participé des chercheurs du Laboratoire Ecologie Fonctionnelle et Environnement (ECOLAB – CNRS/Univ Toulouse Paul Sabatier/ INP Toulouse) ont mis en évidence des plastiques dans les pluies et neiges tombant dans les Pyrénées. Cette étude a consisté à analyser des échantillons récoltés pendant 5 mois dans les Pyrénées (Ariège) et les analyser pour leur contenu en microplastiques.  L’article scientifique publié dans Nature Geoscience révèle que les pluies et les neiges contiennent un nombre non négligeable de microplastiques, invisibles à l’œil nu et de moins de 5mm en taille dans cette région relativement isolée des Pyrénées. Les chercheurs ont décompté un dépôt de plus 365 particules de microplastiques par mètre carré et par jour, un chiffre comparable à celui mesuré dans de grandes métropoles comme Paris. Une analyse des rétrotrajectoires des masses d’air  montre un transport des microplastiques sur plus de 95kms. Cette étude suggère le rôle insoupçonné jusque-là du transport atmosphérique dans le cycle global des microplastiques et l’impact sur des zones éloignées des sources de pollution.

Vallée de Bassiès dans la haute vallée du Vicdessos, au coeur des Pyrénées ariégeoises.© Didier GALOP/CNRS Photothèque

Une équipe internationale de chercheurs du CNRS, des Universités de Toulouse et Orléans et de l’université de Strathclyde en Ecosse ont mis en évidence des plastiques dans les pluies et neiges tombant dans les Pyrénées. Cette étude a consisté à analyser des échantillons récoltés pendant 5 mois dans les Pyrénées (Ariège) et les analyser pour leur contenu en microplastiques.

L’article scientifique publié dans Nature Geoscience révèle que les pluies et les neiges contiennent un nombre non négligeable de microplastiques, invisibles à l’œil nu et de moins de 5mm en taille dans cette région relativement isolée des Pyrénées. Les chercheurs ont décompté un dépôt de plus 365 particules de microplastiques par mètre carré par jour. L’étendue de la distance parcourue par les microplastiques n’est pas encore connue, mais les recherches ont également révélé que l’analyse de la trajectoire aérienne montre que des fragments voyagent dans l’atmosphère sur au moins une centaine de kilomètres.

Selon Steve Allen, chercheur associé à EcoLab à Toulouse et doctorant à l'Université de Strathclyde « il est étonnant et inquiétant de voir autant de particules trouvées sur le site des Pyrénées. Ce que nous pouvons prouver sans équivoque, c’est qu’elles sont transportées par le vent. Cela laisse penser que ce n’est pas seulement dans les villes que vous respirez cela, mais que les microplastiques peuvent aussi se déplacer assez loin des sources. Les déchets plastiques sont un problème mondial croissant et l'un des principaux défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés à l'échelle mondiale. »

Deonie Allen co-auteure de l’étude d’ajouter que « les facteurs de dégradation du plastique sont assez bien connus, mais les facteurs et les mécanismes de transport - en particulier le transport atmosphérique – des microplastiques apparaissent complexes et constituent un nouveau domaine de recherche. ”

L’équipe, une collaboration entre l’Université de Strathclyde en Ecosse et le laboratoire EcoLab (CNRS/Univ Toulouse Paul Sabatier/INP Toulouse) a prélevé des échantillons sur le terrain, dans le sud-ouest de la France et dans une zone Natura 2000 située à un peu plus de 5 kms du village le plus proche - à environ 120 km de Toulouse. La région est considérée comme relativement préservée des activités humaines actuelles en raison de son inaccessibilité et de son éloignement des grandes villes et des centres industriels.

 "Cette région montagneuse a fait l'objet de nombreuses études interdisciplinaires en écologie et environnement au cours de la dernière décennie au sein de l’OHM Haut-Vicdessos un dispositif soutenu par le CNRS et un Labex, mais nous ne pouvions anticiper que notre dernière étude révèle de tels niveaux de dépôts de microplastiques dans la pluie » précise Gael Le Roux (EcoLab – CNRS/Univ Toulouse Paul Sabatier/INP Toulouse).

Les précipitations locales, la vitesse du vent et des chutes de neige ont également été enregistrées durant la période hivernale de 2017 à 2018. La station météorologique du site possède deux collecteurs de dépôts existants, qui ont fourni les échantillons en dupliqua. L’équipe a mesuré les dépôts sur une période de cinq mois au cours de l’hiver, ce qui est significatif puisque les Pyrénées sont généralement recouverts de neige et le sol est humide. Cela rend plus difficile le soulèvement des poussières locales, ce qui pose la question de l’origine de ces plastiques atmosphériques.

Cette étude suggère donc le rôle insoupçonné jusque-là du transport atmosphérique dans le cycle global des microplastiques et l’impact sur des zones éloignées des sources de pollution.

 

 

Référence

 

Allen S., Allen D., Phoenix V. R., Le Roux G., Durantez P., Simonneau A., Binet S., Galop D. Atmospheric transport and deposition of microplastics in a remote mountain environment. Nature Geosciences

Contact

Gaël Le Roux
Déonie Allen
Laboratoire Ecologie Fonctionnelle et Environnement (ECOLAB - CNRS/Univ Toulouse Paul Sabatier/INP Toulouse)
Didier Galop
Geographie de l'Environnement (GEODE - CNRS/Univ Toulouse Jean Jaurès/Institut Nat Univ Champollion)
Catherine Donati
Correspondante communication de l'ECOLAB