Biodiversité - Ressources de l'Institut écologie et environnement du CNRS

Qu’il s’agisse de la diversité des écosystèmes, des habitats ou encore des espèces, le terme « biodiversité » désigne la richesse du monde vivant.

Les défis planétaires auxquels elle est aujourd’hui confrontée – changement climatique, érosion, surexploitation des ressources, fragmentation des habitats, ... - en font un objet d’étude particulièrement vital, à la croisée de nombreuses disciplines et thématiques de recherche. Observation du vivant, gestion des milieux et des ressources, rapports sociétés humaines-environnement, compréhension et préservation des services écosystémiques… sont quelques exemples des sujets abordés au sein des laboratoires de l’Institut écologie et environnement du CNRS.

Cette page, régulièrement mise à jour, rassemble les sources d’information sur ces recherches.

Actualités de l'INEE

Pour consulter l’ensemble des actualités scientifiques et institutionnelles de l’INEE, RDV dans la rubrique « Actualités » du site.

MIEUX COMPRENDRE LA BIODIVERSITE…

chercheuse
© Claude DELHAYE/CNRS Photothèque

Avec la crise actuelle que la biodiversité traverse, il est plus que jamais nécessaire de faire dialoguer les disciplines et les points de vue pour mieux la comprendre. De l’infiniment petit à la planète dans son ensemble, des origines de la vie au futur lointain, des virus à l’organisation des sociétés humaines, les recherches menées au sein des laboratoires de l’INEE sont l’occasion d’un voyage surprenant et merveilleux au cœur de l’incroyable diversité de la vie sur Terre. 

Ressources

Conçue en 2010 dans le cadre de l’année de la biodiversité, cette série de 19 films de 3 minutes présente les regards croisés de six chercheurs du CNRS spécialistes de la biodiversité avec chacun une approche différente. Paléontologue, économiste, écologue, biologiste de la conservation, philosophe, ethnologue, s’expriment ainsi sur quatre grandes notions de la biodiversité : la définition, la valeur, l’extinction, la conservation.

Dans ce cinquième épisode du podcast Pour que nature vive produit par le Muséum national d'Histoire naturelle, Sylvie Crasquin - paléontologue, directrice de recherche au CNRS au Centre de recherche en Paléontologie, Paris (CR2P - CNRS / MNHN / Sorbonne Université) - éclaire le présent à l'ombre des crises anciennes. Accrochez-vous car ce podcast résume plusieurs milliards d'années d'existence de notre planète en moins de trente minutes. Il permet de prendre la mesure du temps et l'évolution de ce qui a précédé l'apparition du genre humain sur la planète, et réaliser la folle accélération de ce qu'on a fait subir au vivant pendant seulement quelques dizaines de milliers d'années.

Des bancs de vase de plusieurs dizaines de kilomètres circulent en permanence le long des côtes guyanaises. Mieux : ils sont colonisés par la forêt la plus rapide du monde. Dans l'ouest de la Guyane, des chercheurs tentent de mieux comprendre les mécanismes de ce phénomène unique.

Dans le cadre de l’année internationale de la biodiversité (2010), de jeunes chercheurs issus des laboratoires de l’Institut écologie et environnement (INEE) du CNRS ont pris l’initiative d’écrire un ouvrage destiné au grand public sur la biodiversité. Préfacé par Yves Coppens, ce livre illustré traite des aspects les plus inattendus de la biodiversité et nous interpelle sur la nécessité de repenser radicalement l’interdépendance de l’homme et de la nature. La diversité du vivant est le plus souvent le résultat d’une intime connexion entre les sociétés humaines et leur environnement. Pour la comprendre comme pour la protéger, il est plus que jamais nécessaire de faire dialoguer les disciplines et les points de vue.

Depuis plusieurs années, les chercheurs constatent que les régions polaires, particulièrement exposées aux conséquences climatiques et sociales du changement global, se transforment rapidement et profondément. Comment mieux connaître et comprendre ces changements ? Quel avenir envisager pour ces régions, les plantes, animaux et sociétés humaines qui y vivent ? Comment les préserver ?

Les odeurs font partie de notre vie quotidienne… La majorité des espèces, y compris les hommes, échangent entre elles à l’aide de molécules et de signaux chimiques. Reproduction, alimentation, défense…Dans toutes ces fonctions, la communication chimique est de très loin le mode de communication le plus utilisé dans le monde vivant ! Ce livre fascinant permet de découvrir les secrets de cette science qui étudie, selon une approche interdisciplinaire (chimie, biologie, éthologie, génomique, etc.), les interactions entre les organismes entre eux et avec leur environnement, via des molécules complexes d’une grande diversité.

Les événements écologiques survenus ces dernières années, notamment en raison des changements globaux, et du réchauffement climatique en particulier, ont fait prendre conscience à l'opinion publique des menaces qui planent sur les zones tropicales. Les sciences s'intéressent aujourd'hui à cette écologie unique qui abrite des écosystèmes d'une grande complexité. En effet, l'équilibre de notre planète repose en partie sur ces environnements fragiles où évolue le plus grand nombre d'espèces en densité et en diversité. Cette biodiversité et la gestion des ressources associées apparaissent comme l'un des enjeux écologiques majeurs du XXIe siècle.

Une enquête sans précédent a débuté ! Les chercheurs en génomique environnementale sondent le sol, l'eau et même l'atmosphère à la recherche de matériel génétique susceptible de leur livrer des informations inédites sur les organismes vivants et sur ceux qui vivaient il y a des milliers d'années. Grâce aux nouvelles technologies de séquençage et d'analyse de l'ADN à très haut débit, il est maintenant possible de décoder le vivant dans tous les environnements, de découvrir des facettes encore méconnues de son histoire et de lever le voile sur le monde des micro-organismes. L'empreinte du vivant se révèle sous un nouveau jour… pour décrire la vie dans les écosystèmes et en comprendre son fonctionnement.

L’abeille nous fascine. Et ce n’est pas sans raison ! L’abeille, or vif bruissant de merveilles, « si fine et si mortelle », est le seul insecte à entretenir des liens si féconds et intimes avec l’humanité.

Nous savons aujourd’hui que les microbes ne doivent plus seulement être associés aux maladies ou à la décomposition. Au contraire, ils jouent un rôle en tous points essentiel : tous les organismes vivants, végétaux ou animaux, dépendent intimement de microbes qui contribuent à leur nutrition, leur développement, leur immunité ou même leur comportement. Toujours pris dans un réseau d’interactions microbiennes, ces organismes ne sont donc… jamais seuls.

Focus sur...

Les milieux marins, réservoirs de vie et de mystères

Bien que paradoxalement encore très peu connus, les milieux marins restent fortement menacés par les activités humaines : surexploitation des ressources halieutiques, pollution provenant du continent (déchets plastiques, nutriments, …), dégradation des habitats marins, espèces invasives et manifestations du changement climatique : acidification de l’océan, augmentation des températures, désoxygénation, … La communauté scientifique, les décideurs politiques, les entreprises, et la société civile doivent se mobiliser ensemble et dès maintenant pour être efficaces à protéger et conserver les milieux marins.

Tout l’équilibre de notre planète repose sur les océans, qui recouvrent plus de 70 % de la surface de la Terre. Mais que sait-on vraiment de ce monde des profondeurs ? Si, en quelques années, les connaissances ont progressé, l’environnement marin et les interactions complexes qui régissent son fonctionnement restent mal connus. Sait-on, par exemple, que dans cet immense réservoir de biodiversité, la grande majorité des espèces reste encore à identifier ? Que des organismes microscopiques y jouent des rôles essentiels, comme dans la formation des nuages ? Que les habitants des abysses y ont adopté des modes de vie surprenants leur permettant de tolérer des conditions toxiques, brûlantes ou pauvres en oxygène ?

Il couvre 70 % de la surface du globe, régule en grande partie le climat de la Terre et abrite une multitude d’espèces dont de très nombreuses sont encore à découvrir. L’océan joue un rôle majeur dans le fonctionnement de la vie sur Terre. Avec le changement global, ont émergé de multiples enjeux dont les conséquences à venir engagent toute l’humanité.

Cet atlas de la faune et de la flore marine de l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon convie le lecteur à découvrir l'incroyable diversité de la vie dans les eaux de ce territoire d'outre-mer coincé entre la belle province et Terre-neuve. Fruit des prospections océanographiques et des plongées sous-marines réalisées par les écologistes d’un groupe franco-québécois BeBEST et du Club nautique saint-pierrais, cet ouvrage propose un premier inventaire de la biodiversité des habitats et des espèces emblématiques de cette frange côtière. Plus de 280 photographies témoignent des curiosités et beautés des espèces subarctiques et polaires qui colonisent habitats sableux et rocheux. Les photographies des paysages terrestres réalisées par l’artiste Benjamin Deroche ponctuent l’ouvrage.

Couvrant plus de 14 000 km², le golfe normano-Breton est représentatif de nombreux littoraux européens où s’exercent de multiples pressions anthropiques (pêche, aquaculture, tourisme, etc.). Mais il est aussi original à plusieurs titres, de par son régime de marée mégatidal parmi les plus importants du Monde, ses conditions hydrodynamiques qui l’isolent du reste de la Manche et la mosaïque d’habitats benthiques qui le composent. C’est probablement ces originalités, combinées à sa relativité accessibilité et à la présence de stations marines, qui y a permis le développement d’une riche histoire naturaliste. Des centaines de naturalistes amateurs et professionnels y ont observé et échantillonné la faune marine depuis plus de deux siècles au point que le Golfe a été le lieu de découverte de 103 espèces nouvelles pour la science.

Les forêts, des écosystèmes riches en biodiversités

Voici une histoire de la forêt médiévale, des forêts de France et des contrées voisines, du Ve au XVe siècle. Une histoire qui place en regard de forêts légendaires, les forêts réelles, celles de la chasse et de l’élevage, celles du bois de chauffage et des bois de charpente utilisés dans les habitations et les cathédrales, celles indispensables à une industrie où fours, forges, verreries, salines se multiplient.

Sabrina Krief est une grande privilégiée. Et nous aussi qui la lisons. Elle nous convie à pénétrer dans l’intimité des seigneurs de la forêt africaine.
Dotée d’une patience infinie, elle est parvenue à gagner la confiance de l’une des plus denses et secrètes communautés de chimpanzés au monde, celle du parc national de Sebitoli, en Ouganda. Extraordinairement vivant grâce aux extraits de ses carnets de terrain, ce livre nous permet de vivre aux côtés de Sabrina ses interminables attentes, ses doutes, ses peines, ses joies et ses découvertes. On est lancé avec elle sur les traces des chimpanzés à travers l’extraordinaire forêt équatoriale, parfois inquiétante, souvent fascinante.

La mangrove, cette forêt entre terre et mer qui borde les littoraux tropicaux, a longtemps été perçue comme un milieu hostile ou inutile… Elle renvoie aussi à un puissant imaginaire des tropiques qui a inspiré bon nombre de nos plus grands écrivains. Cet écosystème, complexe, abrite les palétuviers capables de vivre les pieds dans l’eau salée, des poissons « gros yeux » pouvant respirer hors de l’eau, des crabes ingénieurs et une multitude de bactéries indispensables au recyclage de la matière organique. Aujourd’hui, confrontée à la crevetticulture, aux coupes de bois, à la pollution mais aussi sous l’emprise directe des changements climatiques, cette mangrove, grignotée de toute part, est en danger.

Carbone mieux stocké, plus de nourriture pour le gibier, moins de tiques… Les bois de petite taille s’avèrent, toutes proportions gardées, plus « efficaces » que les grandes forêts, même si celles- ci hébergent une biodiversité animale et végétale plus importante. Ce résultat obtenu par une équipe européenne, impliquant plusieurs scientifiques du laboratoire « Écologie et dynamique des systèmes anthropisés » (CNRS / UPJV), démontre l’importance des petits bois au sein des paysages agricoles. Il a été publié dans la revue Journal of Applied Ecology le 2 décembre 2019.

Sociétés et cultures animales

Et si la vie en communauté ne profitait pas à tout le monde ? Une équipe de recherche internationale tente de comprendre la dynamique sociale, au sein d'un groupe d'écureuils terrestre, qui va influencer la santé des individus.

Dans cette vidéo un peu spéciale réalisée en conformité avec les mesures de confinement, nous vous parlons de petits écureuils canadiens et gourmands qui ont beaucoup à nous apprendre sur ce que la vie en communauté peut avoir comme effets sur la santé. Agressions, stress, isolement : parfois, même chez les écureuils, l'enfer c'est les autres...

Ils lavent leurs patates douces, jouent avec des cailloux ou encore se baignent dans les sources d'eau chaude. Les macaques japonais affichent des comportements complexes qui ne relèvent pas de la génétique mais de la culture. Mais comment ces savoirs se transmettent-ils ? Un groupe de chercheurs tente de le comprendre en étudiant les réseaux sociaux qui structurent les groupes de singes. Voyage au Japon à la rencontre de nos cousins pas si lointains...

La plage de Yalimapo, dans l’ouest de la Guyane, est l’un des principaux sites mondiaux de ponte de la tortue luth – la plus grosse des tortues marines. Chaque nuit, d’avril à juillet, les femelles se hissent sur le sable où elles déposent leurs œufs. Une occasion unique pour les scientifiques d’en savoir plus sur ces animaux gravement menacés par les activités humaines.

Il semblerait bien que comme nous, les poissons soient sujets aux chagrins d’amour… Mais comment a-t-on pu le mesurer, alors que les émotions sont par nature subjectives ? Des chercheurs ont conçu une expérience originale, inspirée de la psychologie humaine, pour étudier objectivement l’état émotionnel des poissons en présence ou non de leurs partenaires. Et les résultats sont émouvants…

Les pouvoirs des animaux

Pourquoi les punaises suceuses de sang ne surchauffent-elles pas pendant la prise de leur repas ?

Les grenouilles brésiliennes sont fluorescentes ! Et ça n’est pas leur seul pouvoir...

Il y a quarante-cinq millions d’années, les cétacés vivaient sur la terre ferme. S’adaptant au fil des siècles à l’élément marin, ils ont néanmoins gardé de leur lointain passé certaines aptitudes comportementales, physiologiques et sensorielles qui les différencient des autres espèces aquatiques. Au large des côtes espagnoles, une équipe de chercheurs étudie un groupe de globicéphales afin de démontrer que ces animaux possèdent le sens du goût et de l’odorat et s’en servent chaque jour pour communiquer et assurer leur subsistance. L’issue de ces travaux permettrait de participer à la préservation de ces espèces, par exemple en les tenant éloignées des zones de danger telles que les secteurs de pêche et les voies de navigation humaines.

La reine des termites peut vivre jusqu'à 40 ans ! Quel est le secret de son incroyable longévité ? Partez en Afrique du Sud avec des scientifiques qui veulent étudier ces étonnants insectes en recréant une termitière en laboratoire. Un reportage proposé en partenariat avec LeMonde.fr

...ou comment des chercheurs ont montré les effets de la sélection naturelle avec une population de lézards et deux ouragans sur un archipel des Caraïbes.

…ET NOS RELATIONS AVEC ELLE

etude manchots
© Bruno JOURDAIN/IPEV/LGGE/CNRS Photothèque

Les relations que nous entretenons avec la biodiversité prennent diverses formes. Energie, nourriture, tourisme, production d’oxygène… elle nous rend quotidiennement de nombreux services indispensables à notre survie. Cependant, depuis plusieurs années, les recherches tendent à montrer que les pressions que nous exerçons sur le vivant déséquilibrent cette relation, entrainant des risques tant pour l’état de la biodiversité que pour notre santé ou encore notre économie.

Ressources

La condition animale devient un véritable sujet de société occupant de plus en plus l’espace publique. Une réflexion interdisciplinaire s’impose afin de répondre aux interrogations et d’assurer la continuité d’activités majeures sur un plan sociétal et économique. Elle nécessite de transcender toutes les disciplines et de faire dialoguer la biologie, la zoologie, l’éthologie entre autres, avec l’histoire, la philosophie, l’éthique ou encore la sociologie. Quelles sont les spécificités de la relation Homme-Animal ? Quelle est sa place dans notre société, qu’il soit domestiqué ou à l’état sauvage ?

Focus sur...

Quand humains et biodiversité coopèrent

Grâce à des albatros équipés de balise, des chercheurs du CNRS et de La Rochelle Université, associés à l’administration des Terres australes et antarctiques françaises, gestionnaire de la réserve naturelle des Terres australes françaises, peuvent apporter une première estimation du nombre de bateaux de pêche naviguant sans système d’identification dans l’océan Austral : plus du tiers des bateaux rencontrés par les oiseaux dans les eaux internationales n’étaient pas déclarés. Les résultats du projet Ocean Sentinel sont publiés dans PNAS la semaine du 27 janvier 2020.

Chaque été depuis 2013, une équipe de chercheurs et ingénieurs, et une quarantaine de bénévoles, se coordonnent pour faire le point sur la population des tortues vertes locales. Leur mission : les attraper, effectuer différentes mesures et prélèvements sur les animaux et puis les équiper de capteurs.

En cas de dégradation d’un espace naturel, comment reconstituer toute la complexité du vivant ? Dans la Plaine de Crau (Bouches-du-Rhône), c’est grâce aux fourmis que les scientifiques ont pu rétablir un écosystème abimé par les activités humaines. Histoire réussie d’une nouvelle discipline encore méconnue, l’ingénierie écologique.

Une équipe internationale de scientifiques étudie comment les animaux réagissent à la réduction de l'activité humaine pendant la pandémie de Covid-19. Dans un article publié le 22 juin 2020 dans Nature Ecology & Evolution, les scientifiques en charge de cette nouvelle initiative mondiale, "Initiative bio-logging COVID-19", expliquent comment la recherche, pendant cette crise sanitaire dévastatrice, peut inspirer des stratégies innovantes pour partager l'espace sur cette planète de plus en plus encombrée par les activités humaines, avec des bénéfices pour la faune et les humains.

Comment concilier protection de la biodiversité, consommation et économie ?

De plus en plus de travaux suggèrent une incompatibilité entre croissance économique et conservation de la biodiversité. Et pourtant, la revue que publie dans Conservation Letters une équipe internationale couvrant un vaste éventail de disciplines, de régions et d’institutions, et à laquelle le Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE – CNRS / Univ. Montpellier / Univ Paul Valéry Montpellier / EPHE / IRD) a pris part, révèle que les politiques internationales en vue de juguler l’érosion de la biodiversité s’appuient toutes sur des scénarios de croissance. Les auteurs analysent cette contradiction et recommandent d’explorer des trajectoires socio-économiques affranchies de l’injonction de croissance et compatibles avec les objectifs de préservation de la biodiversité.

Alors que peu de récifs coralliens arrivent à concilier protection de la biodiversité et activités de pêche, certaines aires marines protégées pourraient constituer une solution « gagnant-gagnant », bénéfique pour l’Homme et la biodiversité. C’est ce que montrent les recherches publiées dans la revue Science le 17 avril par des chercheurs de l’Université de Montpellier, de l’IRD, du CNRS et de l’Université de la Nouvelle-Calédonie, qui ont étudié 1 800 récifs coralliens de 41 pays différents.

En provenance de Chine, le frelon asiatique envahit la France depuis 2003 et constitue une menace pour des abeilles domestiques et autres insectes pollinisateurs déjà particulièrement affectés par les insecticides. Le coût de la lutte contre cette invasion en France est chiffré ici à plusieurs millions d’euros tous les ans, et s’accroit avec le temps. D’autres pays sont aussi à risques, en Europe et au-delà, lorsque les conditions climatiques sont favorables à une invasion par le frelon, avec des coûts tout aussi élevés. Ces estimations sont le résultat d’une étude parue dans NeoBiota en avril 2020, menée par deux équipes françaises (dont une issue du laboratoire Ecologie, systématique et évolution (ESE – CNRS / Université Paris-Saclay / AgroParisTech)), alliant modélisation écologique et économie de l’environnement.

L'apparence : notre perception est-elle une alliée ou une menace pour la protection de la biodiversité ?

Depuis plusieurs millénaires, les humains transportent avec eux des espèces, qu’ils introduisent dans de nouveaux environnements au gré de leurs déplacements. Une équipe de chercheurs du laboratoire Évolution et Diversité Biologique (EDB-CNRS/ Université Toulouse III Paul Sabatier/IRD) et du Centre pour la biodiversité marine, l'exploitation et la conservation (MARBEC-CNRS/Université de  Montpellier/IRD/ Ifremer) a comparé les caractéristiques morphologiques des quelque 2700 espèces de poissons d’eau douce ayant été introduites au moins une fois hors de leur habitat naturel à celles des 6500 espèces de poissons n’ayant jamais fait l’objet d’introductions. Ils ont également confronté la morphologie des 400 espèces établies dans leur nouvel environnement à celles introduites ayant échoué à s’établir. Les résultats de cette étude publiée dans la revue Global Ecology and Biogeography démontrent que l’Homme introduit des espèces à morphologie particulière et que parmi ces espèces introduites, celles qui s’établissent durablement présentent les morphologies les plus extrêmes.

Les espèces invasives sont la seconde cause de la perte de biodiversité. Transférées dans de nouveaux milieux par les activités humaines, elles deviennent des compétiteurs ou des prédateurs des espèces locales, qui n’ont pas toujours de quoi leur faire face. Une équipe internationale de recherche, impliquant deux laboratoires français, mettent aujourd’hui en évidence un facteur encore peu considéré dans l’étude et la gestion de ces invasions : le charisme des espèces. La popularité d’une espèce, la perception de la société et des médias à son égard conditionnent son introduction dans un nouvel environnement et le bouleversement qu’elle suscite. En Italie par exemple, l’arrivée du populaire écureuil gris d’Amérique du Nord menace l'écureuil roux indigène. Pour les scientifiques, il est crucial que cette donnée soit prise en compte dans l’étude et la gestion des espèces invasives. La publication, qui parait dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment le 6 avril 2020, émet des recommandations pour les futures études autour des espèces invasives.

Face à l’érosion actuelle de la biodiversité, les écologues se sont jusqu’ici principalement focalisés sur son rôle dans le fonctionnement des écosystèmes. Un aspect immatériel des conséquences de cette crise planétaire reste toutefois peu exploré : la manière dont l’homme perçoit la beauté d’un écosystème. Dans un article publié en septembre dernier dans Scientific Reports, une équipe réunissant des scientifiques du laboratoire d’étude de la Biodiversité marine de Montpellier (MARBEC, CNRS / Université de Montpellier / IRD / IFREMER),  d’Andromède Océanologie et de l’Agence de l’Eau Rhône-Méditerranée-Corse révèle que la biodiversité des récifs coralligènes contribue directement à qualifier cet écosystème sous-marin clé de Méditerranée de beau, c’est-à-dire correspondant à un idéal esthétique défini par l'Homme. Cette étude qui vise à expliquer les fondements de notre perception de la beauté du vivant nous interpelle sur nos motivations à préserver la biodiversité.

Les poissons tropicaux les moins attractifs ont une richesse fonctionnelle en moyenne 33 % supérieure à celle des poissons considérés comme les plus beaux, selon une étude menée par des écologues du CNRS, de l’université de Montpellier, d’Andromède Océanologie et du Centre universitaire de Mayotte. Notre perception de la beauté du vivant peut ainsi biaiser notre perception de la diversité écologique. Cette étude nous interpelle sur nos motivations à préserver la biodiversité. Publiée dans Scientific Reports le 6 août 2018, elle a reçu un financement du CNRS et de la Fondation de France.

Léa (Zeste de Science) va nous montrer que de nombreuses espèces sont victimes d’une véritable injustice. Parce qu’elles sont moins agréables à l’œil, on ne les étudie pas et on les laisse s’éteindre dans l’indifférence la plus totale.

Notre santé est liée à celle de notre environnement

Dans le cadre de l'épidémie du coronavirus Covid-19, l'Institut écologie et environnement du CNRS met à disposition du public divers contenus issus de ses laboratoires.

L'actualité nous le rappelle sans cesse : les maladies comme le paludisme, le Sida, ébola ou zika sont difficiles à combattre, et les maladies chroniques de type cancer, diabète ou maladies cardiovasculaires toujours plus meurtrières. Pour la première fois de son histoire, l'humanité voit même son espérance de vie diminuer. Pour comprendre les raisons de cette crise sanitaire, l'écologie scientifique pose un autre regard sur la santé qui prend en considération les transformations de l'environnement et l'évolution de nos modes de vie.

LA BIODIVERSITE, UN PATRIMOINE COMMUN A PRESERVER

abeille
© Pierre GRECH/Bertrand SCHATZ/CNRS Photothèque

Face à l’accélération de l’érosion de la biodiversité, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme. S’il n’est pas encore trop tard pour sauvegarder une grande partie du vivant, des décisions – politiques notamment – doivent être prises rapidement afin de mettre en place des solutions durables de préservation de la nature.

Ressources

Livre conçu et réalisé par l’Association Française des Petits Débrouillards en partenariat avec le CNRS. Destiné au grand public, à l’occasion de l’Année internationale de la biodiversité ce livre offre un voyage au cœur de la Biodiversité et en illustre les différentes facettes et enjeux. De nombreuses images, illustrations et exemples rendent ce livre vivant et accessible. Enfin, ce livre propose des pistes pour agir au quotidien et contribuer en tant que citoyen à la préservation de la biodiversité.

Journée thématique « Les écologues face à la crise écologique » du 3 février 2020 co-organisée par la SFE2, le MNHN et l'SU-ITE. Retransmission de la première partie de la journée, une matinée de conférences et de débat consacrée aux retours d’expériences d'écologues et d'évolutionnistes sur nos positionnements, individuels et collectifs, et leurs potentielles évolutions face à l’urgence de la crise écologique.

Intervention, entre art et science, de l'écologue Laurent Chauvaud et de la coordinatrice d'expositions Emmanuelle Hascoët, à propos d'Artic Blues - lors de la soirée "Réparer le monde" à Ground Control à l'occasion du Forum du CNRS 2019.

Au sein du laboratoire BeBEST une équipe scientifique de biologistes marins, réunissant des chercheurs français et québécois, travaille en régions arctiques sur les indicateurs des variations climatiques enregistrés dans les coquilles de bivalves : palourdes, huîtres, moules, Saint-Jacques, etc. L’objectif : montrer l’importance de la glace de mer sur la structure et le fonctionnement des organismes vivants sur ces fonds marins. Dès sa création, BeBEST a associé des artistes de tous horizons à ses expéditions polaires. Durant sept années, artistes et scientifiques ont partagé des missions en milieux arctiques et subarctiques. Ce groupe hétéroclite a donc vécu sur le même terrain entre recherches, hésitations, échecs et découvertes.

L’exposition ARCTIC BLUES présentée à l'été 2019 à Brest a restitué la richesse de ce dialogue. Photographie, vidéo, installation, écriture, création sonore, musique et fresque scientifique se répondent ou se heurtent pour créer un objet singulier : quelque chose comme une tentative d’amalgame de l’art et de la science où les deux se révèlent, avec des couleurs nouvelles, complémentaires et imprévisibles.

  • [EXPOSITION] Crise de la biodiversité : de la recherche à la décision ?
expo IPBES

Les publications scientifiques sur l’état de la biodiversité se multiplient, dressant un portrait souvent alarmant. Pourtant, des solutions existent pour faire face à cette érosion croissante. La preuve en quelques exemples dans cette exposition mettant en perspective des données clés issues des recherches menées au sein des laboratoires du CNRS, et des propositions d’actions.

Voir un aperçu de l'exposition en basse définition

Caractéristiques

  • 11 panneaux dont 1 introductif
  • Dimensions : 80x60 cm
  • Résolution : 300 dpi
  • Format : PDF
  • Année : 2019

Cette exposition est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0  International (termes précis de la licence disponibles ici).

Comité scientifique
Vincent Bretagnolle ; Jérôme Chave ; Joachim Claudet ; Franck Courchamp ; Vincent Devictor ; François De Vleeschouwer ; Laurent Godet ; Philippe Grandcolas ; Martine Hossaert ; Pascal Jean Lopez ; Stéphanie Thiébault

Conception et création
Pôle communication de l’Institut écologie et environnement du CNRS : Thomas Ivassenko, Floriane Vidal, Elodie Vignier

Vous souhaitez diffuser cette exposition dans votre organisme ?
Panneaux PDF en haute définition disponibles sur demande à
inee.communication@cnrs.fr

Focus sur...

Comprendre les menaces qui pèsent sur la biodiversité

Le corail, le plus grand bâtisseur du monde marin, est aujourd’hui confronté à des dangers qui mettent en péril des écosystèmes tout entiers. Rejoignez l'équipe de scientifiques qui sillonne les eaux du Pacifique à bord de la goélette Tara afin mieux comprendre les dangers qui pèsent sur cet animal menacé.

L'Arctique est aujourd’hui l’écosystème qui subit les bouleversements les plus rapides. Dans ce contexte de changements climatiques, une équipe interdisciplinaire travaille depuis plus de 12 ans sur un site spectaculaire du Groenland-Est afin de comprendre les conséquences sur la faune polaire. Les chercheurs ont centré leur étude sur un oiseau marin minuscule : le mergule nain, une espèce qui se nourrit par millions en mer du Groenland. Grâce à des GPS, ils parviennent à suivre ces oiseaux parmi les glaces, où les animaux sont confrontés à des températures et des niveaux de polluants en hausse. Mais pour mieux comprendre les processus écologiques en cours, les scientifiques explorent également le passé sur un site paléo-esquimau dans le but de retrouver les restes de mergules nains chassés à travers les âges. Leurs investigations les amènent par ailleurs à carotter les lacs glaciaires pour retracer la présence des mergules au cours des derniers millénaires.

Les scientifiques font feu de tout bois pour trouver des solutions aux crises environnementales. Sans croire aux remèdes miracles, ils prônent la mise en place de mesures déjà à notre portée.

En 2019, l'IPBES (plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) publiait le premier rapport d’évaluation mondial sur la biodiversité et les services écosystémiques.

Près d’une centaine d’experts internationaux issus de plusieurs dizaines de pays ont évalué l’état des connaissances, tirant des informations de plusieurs milliers de sources : travaux scientifiques, rapports techniques et savoirs traditionnels et locaux. Les conclusions-clés rassemblées dans les Résumés pour décideurs visent à orienter les décisions relatives aux politiques publiques, et aux actions du secteur privé et des citoyens en faveur de la préservation de la biodiversité. 

Quelles solutions pour la préserver ?

Intervention du biogéographe Laurent Godet, à propos de la protection de la biodiversité - lors de la soirée "Réparer le monde" à Ground Control à l'occasion du Forum du CNRS 2019.

La science fait-elle ce qu’il faut pour sauvegarder la biodiversité ? Oui, assurent aujourd’hui deux scientifiques qui ont analysé quelque 13 000 articles publiés sur le sujet. Laurent Godet, coauteur de cette étude, répondra à ceux qui pensent que la biologie de la conservation, discipline qui étudie la biodiversité et propose des outils pour enrayer la crise actuelle, serait déconnectée du réel ou peu conciliante avec les activités humaines.

La science fait-elle ce qu’il faut pour sauvegarder la biodiversité ? Oui, assurent deux scientifiques qui ont analysé quelque 13 000 articles publiés sur le sujet. Laurent Godet, coauteur de cette étude, répond ici à ceux qui pensent que la biologie de la conservation, discipline qui étudie la biodiversité et propose des outils pour enrayer la crise actuelle, serait déconnectée du réel ou peu conciliante avec les activités humaines.

Réchauffement climatique, érosion de la biodiversité, développement de l’intelligence artificielle... comment la communauté scientifique peut-elle s'organiser pour convaincre les décideurs d’œuvrer pour le bien de l’humanité et de la planète ? Quels sont les atouts des groupements internationaux tels que le Giec ?

Face à la dégradation et la destruction des écosystèmes, faut-il les restaurer activement selon des références historiques passées ou laissez-faire les processus de résilience naturelle qui nous conduiront peut-être vers de nouveaux écosystèmes ?

Les catastrophes des dernières années démontrent les limites d’une stratégie de protection des populations seulement fondée sur le recours à l’ingénierie. Dans cette perspective, le United Nations Office for Disaster Risk Reduction a publié fin 2019 un volume spécial dans la revue Disaster Prevention and Management pour lequel l’expertise de Emmanuel Garnier, du laboratoire Chrono-Environnement (CNRS/Université de Franche-Comté) a été sollicitée. Fruit de projets en cours, notamment du projet PICS franco-japonais SECURES, cette contribution est intitulée Lessons learned from the past for a better resilience to contemporary risks.

La grande muraille verte est un projet révolutionnaire mis en place par les pays africains du Sahel : une bande végétale de 15 km de large, traversant le continent d’est en ouest, dont l’objectif est de combattre la désertification grâce à une gestion durable des ressources naturelles.

Nous avons perdu plus de 30 % des effectifs d'oiseaux dans nos campagnes en l'espace de 20 ans... Mais que pouvons-nous faire pour inverser cette tendance ?

Une équipe CNRS du Centre d'Etudes Biologiques de Chizé rappelle des gestes simples à l'attention des agriculteurs et des habitants pour mieux accueillir et protéger les oiseaux des plaines agricoles.

Le CEBC travaille en collaboration avec les agriculteurs de la zone Atelier "Plaine et Val de Sèvre". Son action se poursuit auprès des citoyens avec des actions de science citoyenne dans le cadre du programme « Mon village espace de biodiversité ».

Des scientifiques d’INRAE et du CNRS, en collaboration avec des équipes allemandes, espagnoles, anglaises et canadiennes, ont examiné l’effet de la diversité des cultures et de la longueur de bords de champs (inversement proportionnelle à la taille des parcelles) sur la diversité de plantes dans les champs. Leur étude, publiée dans Journal of Applied Ecology, basée sur 1 451 parcelles agricoles, montre qu’augmenter la longueur de bords de champs constitue un complément prometteur aux mesures agri-environnementales pour conserver et restaurer la diversité des plantes, y compris au centre des parcelles.

La distribution de la diversité génétique à l’échelle du globe reste méconnue, en particulier chez les poissons. Une équipe internationale impliquant des chercheurs de l’École Pratique des Hautes Études-PSL(EPHE-PSL), de l’Université de Montpellier, du CNRS, de l’Ifremer et de l’École polytechnique de Zurich a démontré que la diversité génétique n’était pas distribuée de façon homogène à l’échelle du globe, et que les facteurs environnementaux sous-jacents à cette distribution différaient entre les poissons marins et ceux d'eau douce. Ils ont également mis en évidence une faible concordance spatiale entre les points chauds de diversité génétique et les points chauds de la diversité des espèces, ce qui exige de renforcer les efforts de conservation. Cet article a été publié dans la revue Nature Communications le 10 Février 2020.