La vie intime du kinkajou nocturne sous haute surveillance
Une étude de chercheurs de l’ISEM, du MECADEV et leurs collègues internationaux, publiée dans American Journal of Primatology, documente, à l’aide de pièges photographiques, les déplacements nocturnes du kinkajou dans les arbres yayamadou de la forêt guyanaise, en les comparant avec les déplacements de deux primates diurnes.
En résumé
- Le comportement des animaux arboricoles qui évoluent entre 25 et 45 m du sol s’avère très complexe à étudier depuis le sol.
- L’usage des pièges photographiques en canopée ouvre de nouveaux horizons pour des études qualitatives et quantitatives.
- Le kinkajou présente une plus grande diversité de comportements positionnels et d’utilisations de sa queue que le capucin et le hurleur roux.
L'étude du comportement positionnel est un domaine de recherche qui tente de décrire les capacités de mouvement et les comportements des animaux, tels que la locomotion et la posture. Cette approche permet d’acquérir une compréhension globale des interactions des animaux avec leur environnement, tant d'un point de vue écologique qu’évolutif. Elle se révèle particulièrement importante pour les espèces arboricoles, car les milieux dans lesquels elles évoluent se caractérisent par des défis tridimensionnels, qu’elles doivent surmonter pour accéder efficacement aux ressources. Leur comportement s’avérant très complexe à étudier depuis le sol, l’utilisation de pièges photographiques en canopée, placés entre 25 et 45 mètres de hauteur, ouvre de nouveaux horizons pour des études qualitatives et quantitatives.
En raison de la complexité de la canopée de la forêt tropicale, les vertébrés arboricoles ont développé des traits morphologiques et comportementaux spécifiques leur permettant de se déplacer facilement. Les queues préhensiles, c'est-à-dire capables de s'enrouler sur un support et de s'y maintenir solidement, constituent l'une de ces adaptations. Elles restent toutefois peu étudiées.
Dans un article publié dans la revue American Journal of Primatology, une équipe de chercheurs de l’ISEM, du MECADEV et leurs collègues internationaux décrit l'usage de cette queue singulière par deux primates diurnes, le hurleur roux de Guyane (Alouatta macconnelli) et le capucin brun (Sapajus apella), ainsi que par un carnivore nocturne, le kinkajou (Potos flavus).
Tout comme les deux primates, la marche quadrupède est le principal comportement locomoteur pendant les déplacements du kinkajou. Cependant, lorsque ce dernier traverse des espaces entre deux supports (appelés substrats), il les franchit en formant un pont, soit en sautant, soit en chutant. Cette étude met en évidence le large éventail de comportements positionnels et activités affichés par les kinkajous, fournissant des informations complémentaires pour comprendre leur écologie.
Référence de la publication
Naas, A. G., Mensah, J. B., Forget, P., Guilbert, É., & Herrel, A. (2025). Tails in Action : Comparative Use of the Prehensile Tail and Substrate in Alouatta macconnelli, Sapajus apella, and Potos flavus. American Journal Of Primatology. Publié le 24 Mars 2025.
Laboratoire CNRS impliqué
- Mécanismes adaptatifs et évolution (MECADEV - CNRS/MNHN).