La migration des oiseaux, une histoire d’énergie

Résultats scientifiques

Les oiseaux migrent pour optimiser la balance entre apport et dépense énergétique, rapporte une étude par Marius Somveille (Université de Oxford), Ana Rodrigues (CNRS) et Andrea Manica (Université de Cambridge), publiée en ligne cette semaine dans la revue Nature Ecology & Evolution. Cette règle s’applique également aux espèces non-migratrices et apporte une explication à la distribution globale de tous les oiseaux

 

cigognes au sud du Portugal
Cigognes au sud du Portugal. Chez cette espèce hautement migratrice, une partie des individus ne migre plus pour rester pendant l’hiver proche des décharges à ciel ouvert – une nouvelle source d’énergie.  Crédit photographique : Marius SOMVEILLE.

Environ 15% des espèces d'oiseaux dans le monde migrent entre des zones de reproduction et des zones d’hivernage, ce qui leur permet, par exemple, d’éviter les mois d’hiver durant lesquels il y a peu de nourriture et un climat hostile. Cependant, identifier les facteurs explicatifs commun au mouvement des toutes les espèces, migratrices ou non, n’était pas possible jusqu’à présent.

Marius Somveille et ses collègues utilisent les patrons de mouvements des oiseaux migrateurs à travers le monde pour calculer le coût énergétique de la migration, sur la base des coûts métaboliques associés au mouvement, à la reproduction et à la thermorégulation. Ils simulent ensuite un “monde virtuel” qu’ils remplissent d'espèces d’oiseaux sur la base de la quantité d’énergie disponible dans une région (estimée grâce à un indicateur de végétation reflétant la production primaire). Comparé à un monde dans lequel l’énergie n’est pas considérée importante, les auteurs de cette étude montrent que seul un modèle incluant l’efficacité énergétique est capable de reproduire les patrons empiriques de la distribution saisonnière des oiseaux à travers le monde. Les auteurs suggèrent également que ce modèle est suffisamment général pour être applicable à d’autres animaux mobiles tels que les dauphins, poissons ou baleines.

cigognes
Crédit photographique : Marius SOMVEILLE.

 

Référence :

Somveille, M., Rodrigues A.S.L., Manica, A. (2018) Energy efficiency drives the global seasonal distribution of birds. Nature Ecology & Evolution. DOI: 10.1038/s41559-018-0556

Contacts chercheurs

Anna RODRIGUES
Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive – CEFE (CNRS / Univ. Montpellier / Univ Paul Valery Montpellier 3 / EPHE / IRD)
ana.rodrigues@cefe.cnrs.fr

 

Marius SOMVEILLE
Department of Zoology, University of Oxford, Oxford, United Kingdom
marius@somveille.com 

 

Andrea MANICA
Department of Zoology, University of Cambridge, Cambridge, United Kingdom
am315@cam.ac.uk

Contact communication

Nathalie VERGNE
Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive – CEFE (CNRS / Univ. Montpellier / Univ Paul Valery Montpellier 3 / EPHE / IRD)
04 67 61 32 56 - nathalie.vergne@cefe.cnrs.fr / comCEFE@cefe.cnrs.fr