L’ethnobiologie repense la recherche à l’interface entre sociétés et environnements pour l’après COVID-19.

Résultats scientifiques

L’ethnobiologie se consacre à l'étude interdisciplinaire des relations entre les sociétés et leurs environnements. En réponse à la crise sanitaire mondiale de Covid-19, un groupe de 29 ethnobiologistes d’origines géographiques diverses avec la participation du Laboratoire Ecologie, Evolution, Interactions des Systèmes Amazoniens (LEEISA – CNRS / Université de Guyane / IFREMER), vient de publier dans Nature Plants un article sur l’avenir de leur discipline. Ils y abordent trois thèmes communs : quel sera l’impact de cette crise sur les communautés locales, sur les interactions futures entre les chercheurs et les communautés, et quelles sont les priorités nouvelles (ou renouvelées) en matière de recherche conceptuelle et/ou appliquée pour l'ethnobiologie.

Il ne fait aucun doute que la crise sanitaire mondiale liée à la Covid-19 aura une influence majeure sur les domaines d’études de l’ethnobiologie autant que sur la discipline elle-même, qui se consacre à l'étude interdisciplinaire des relations passées et présentes entre les humains, leurs cultures et leurs environnements biophysiques, en mettant l'accent sur la connaissance, la cognition et l'utilisation traditionnelle des plantes et des animaux.

Une grande partie de la recherche en ethnobiologie concerne de plus la conservation de la diversité biologique et culturelle ("diversité bioculturelle"), et est directement liée à la soutenabilité des pratiques et des modes de vies locaux ; en fait, avec sa sous-discipline l'ethnobotanique, elles ont parfois été appelées les "sciences de la survie".

Étant donné que la discipline aborde depuis longtemps les problèmes environnementaux et culturels, comment l'ethnobiologie se remodèlera dans un monde post-Covid-19 ? Dans cet article, paru dans la revue Nature Plants, vingt-neuf ethnobiologistes de dix-sept pays, avec la participation du Laboratoire Ecologie, Evolution, Interactions des Systèmes Amazoniens (LEEISA – CNRS / Université de Guyane / IFREMER), tentent de réfléchir à la façon dont ils envisagent l'avenir de l'ethnobiologie après la pandémie, en abordant chacun une thématique majeure, via cette question clé : comment l'ethnobiologie (en tant que discipline, mais également en tant que domaine scientifique) se remodèlera-t-elle dans un monde post-pandémique ? Les réflexions se groupent en trois thèmes récurrents (voir schéma), qui sont :

(1) comment la pandémie affectera-t-elle les communautés locales, leurs connaissances traditionnelles, leurs moyens de subsistance, l'utilisation ou la gestion des ressources naturelles ;

(2) comment cette crise devrait-elle guider les interactions futures entre les chercheurs et les communautés locales ;

(3) quelles devraient être les nouvelles priorités (conceptuelles et/ou appliquées) de la discipline.

Aujourd'hui, sous la pression de la crise de Covid-19, l'intégration de ces perspectives deviendra essentielle, en particulier compte tenu de l'intérêt de l'ethnobiologie pour la conservation et l'utilisation durable et éthique de la diversité biologique et culturelle.

 

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Référence :

Vandebroek, I., Pieroni, A., Stepp, J. R., Hanazaki, N., Ladio, A., Nóbrega Alves, R. R., Picking, D., Delgoda, R., Maroyi, A., van Andel, T., Quave, C. L., Paniagua-Zambrana, N. Y., Bussmann, R. W., Odonne, G., Abbasi, A. M., Albuquerque, U. P., Baker, J., Kutz, S., Timsina, S., Shigeta, M., Ribeiro de Oliveira, T. P., Hurrell, J. A., Arenas, P. M., Puentes, J. P., Hugé, J., Yeşil, Y., Laurent J.-P., Olango, T. M., Dahdouh-Guebas, F. Reshaping the future of ethnobiology research after the Covid-19 pandemic. Accepted in Nature Plants.

Contact

Guillaume Odonne
Chercheur CNRS- Laboratoire écologie, évolution, interactions des systèmes amazoniens (LEEISA)
Gaëlle Fornet
Communiction - Laboratoire écologie, évolution, interactions des systèmes amazoniens (LEEISA)